Ce grand tableau réalisé par Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), installé en 1826 dans la chapelle d’axe de la cathédrale de Montauban (puis en 1867 dans le transept nord où il se trouve toujours) fait l’objet d’un dépôt exceptionnel consenti au Musée Ingres (ancien Hôtel de Ville de Montauban) par l’État et la D.R.A.C. Occitanie. Il est donc exposé dans la chapelle du musée depuis début mars 2025 et pour la durée de la fermeture de la cathédrale pour travaux.
Construite entre 1692 et 1739 pour manifester la reconquête de la royauté catholique sur la ville protestante, sur des plans des architectes de Louis XIV et grâce à des fonds collectés par Monseigneur de Colbert, la cathédrale de Montauban a été embellie après le rétablissement du diocèse en 1809 et surtout l’établissement en 1824 du nouvel évêque Monseigneur de Chéverus : l’édifice avait été vidé de tout son mobilier durant la Révolution. Une restauration du tableau nécessitée par une tempête en 2015 a été achevée en 2017.
Présenté au Salon de 1824, ce tableau avait été commandé en août 1820 par le ministère de l’Intérieur avisé des commentaires élogieux de Charles Thévenin, directeur de l’Académie de France à Rome, sur la toile Jésus remet à saint Pierre les clés du Paradis que venait de peindre Ingres pour l’église du couvent de la Trinité-des-Monts de Rome. C’est bien dans l’atelier d’Ingres à Florence, conçu dans la grande tradition des ateliers des peintres de la Renaissance, que le Vœu de Louis XIII a été en partie réalisé par le Maître.
Le choix du « Vœu de Louis XIII » n’était pas fortuit, Louis XIII ayant du lever le siège devant Montauban en 1621 face aux protestants. La mise « sous la protection de la Sainte Vierge à son Assomption du Royaume de France » prenait tout son sens pour Ingres qui a produit quantité de dessins préparatoires à cette œuvre réalisée en quatre ans. Soixante-dix de ces esquisses au graphite et à la pierre noire sur papiers de couleurs sont actuellement exposées au musée Ingres de Montauban.
La cathédrale recèle plusieurs autres tableaux remarquables, la « Présentation de la Vierge au Temple » du peintre toulousain Despax (1710-1773), et une rare toile du Cavalier d’Arpin (1568-1640), peintre romain maître du Caravage, représentant Saint Jérôme au désert (1590).
« On a dit, Messieurs, que mon atelier était une église ; eh bien, oui ! Qu’il soit une église, un sanctuaire consacré au culte du beau et du bien et que tous ceux qui y sont entrés et qui en sortent réunis ou dispersés, que tous mes élèves enfin, soient partout et toujours les propagateurs de la vérité. »
Article à paraître dans la revue Una Voce n°351 de Mars-Avril 2025